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Égrégore, qu'est-ce que c'est?

Égrégore, qu'est-ce que c'est?

Depuis l'ouverture du C.A.T.S., j'ai eu l'occasion d'animer différents groupes d'art-thérapie. Mon objectif est de nourrir le processus individuel des participants à travers divers exercices leur permettant d'explorer le pouvoir de l'art, mais également, de leur faire profiter d'un téménos de groupe bonifiant leur expérience. Durant les sessions d'ateliers, j'ai toutefois vite constaté que la structure de groupe offre bien plus qu'un lieu de partage, qu'un sentiment d'appartenance, qu'un moteur réflexif, etc. Il se produit un phénomène que je ressens très fort, mais que je peinais à décrire. J'observe d'innombrables manifestations de ce phénomène, mais je n'arrivais jamais à mettre un mot sur celui-ci, jusqu`à ce que je rencontre « Monsieur G. ».

« Monsieur G. » était un participant qui démontrait une grande sensibilité à percevoir l'intangible dans son environnement et arrivait instinctivement à faire comprendre ses sensations et impressions aux autres membres du groupe. Comme il possède un large spectre de connaissances et arrivait à s'exprimer à travers des concepts souvent abstraits. C'est dans ce contexte que j'ai entendu pour la première fois le mot égrégore. Curieuse de nature, j'ai tôt fait d'approfondir mes lectures sur le sujet et de crier « Eurêka! ». J'ai vécu une profonde illumination quand j'ai compris que « Monsieur G. » m'avait soufflé LE mot qui me permettait d'expliquer le phénomène, jusqu'alors indicible, que je capte lorsque j'anime des groupes d'art-thérapie.

Si l'on s'arrête qu'à la définition primaire du mot égrégore, elle nous renvoie à une notion essentiellement ésotérique, voire religieuse. Le terme désigne une force occulte, nourrie par les membres d'un groupe lors de rituels, une force incarnant l'esprit d'un groupe au diapason. Or, en poussant mes recherches un peu plus loin, j'ai découvert que Carl Gustave Jung, le père de l'art-thérapie, c'était également penché sur le phénomène. En fait, Jung est mieux connu pour avoir développé le concept d'inconscient collectif, la partie transpersonnelle de notre inconscient, la mémoire de l'espèce, l'inconscient archaïque partagé entre les individus d'un même groupe social. C'est un ensemble de représentations, d'idées, d'images communes, transmises de génération en génération; une sorte de réservoir d'expériences humaines et d'archétypes qui se manifestent et s'amplifient dans nos pensées, nos raisonnements, nos rêves et nos créations concrètes. Ceci dit, Jung conçoit également qu'un phénomène semblable se produit à plus petite échelle, soit au sein d'un groupe plus ou moins vaste d'individus réunis par une cause ou des motivations similaires. C'est alors qu'il parle d'égrégore. Une connexion qui s'installe entre les membres d'un groupe, un bagage collectif, une énergie partagée qui porte le groupe. Un « plus grand que soi » intangible, mais bien vibrant, au-delà de la somme des parties.

Ceux qui ont déjà participé à un groupe d'art-thérapie au C.A.T.S. m'ont assurément entendu dire que le processus des uns alimente le processus des autres, que les processus résonnent entre eux ou encore, qu'ils se répondent. Ils m'ont assurément entendu dire que les processus art-thérapeutiques font écho entre eux. Sans le savoir, dans mes mots à moi, je leur parlais alors de l'égrégore du groupe. Maintenant, je le sais. Sincère Merci « Monsieur G. ».

Sara Giard Pagé, A.T.P.Q.

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